MémentoAuteur : D. Dambreville · didierdambreville.github.io · licence CC BY 4.0

Économie

Rareté et choix · marchés et prix · entreprises · PIB et croissance · chômage et inflation · monnaie et banque centrale · budget et dette · échanges internationaux · écoles de pensée
Gras : terme défini · italique : variable d’une formule
Δ variation · pt point de pourcentage · ≈ environ
↑ hausse · ↓ baisse · ⇒ entraîne · p. 3 : voir page 3
Ex.exemple chiffré, calcul vérifié (fictif sauf mention)
débatquestion disputée entre économistes · !piège

Qu’est-ce que l’économie ?

  • L’étude de la façon dont une société produit, échange, répartit et consomme des biens et des services à partir de ressources rares.
  • Rareté : les besoins dépassent les ressources disponibles (temps, travail, terre, capital) ⇒ il faut choisir.
  • Coût d’opportunité : ce à quoi l’on renonce en choisissant, c’est-à-dire la meilleure option écartée. Une soirée d’étude « coûte » la soirée de travail ou de loisir sacrifiée.

Définition classique (Lionel Robbins, 1932) : l’étude du comportement humain comme relation entre des fins et des moyens rares à usages alternatifs.

Deux échelles

Micro­économieles choix des ménages et des entreprises, le fonctionnement d’un marché, les prix relatifs
Macro­économieles grands agrégats d’un pays : production, emploi, niveau général des prix, échanges extérieurs

Deux registres

Positifce qui est : « un salaire minimum plus élevé réduit-il l’emploi des jeunes ? » Se tranche par les données.
Normatifce qui devrait être : « faut-il relever le salaire minimum ? » Engage aussi des valeurs.

La frontière des possibilités

biens Xbiens YpossibleABCcroissance

Avec ses ressources et sa technique, une économie ne peut produire que les combinaisons de la zone grise. A : ressources inemployées ; B : efficace (on ne peut produire plus de X sans renoncer à du Y) ; C : hors d’atteinte. La pente mesure le coût d’opportunité, croissant car les ressources ne conviennent pas également aux deux productions. La croissance éloigne la frontière.

Mots de base

Bien, serviceobjet matériel ; prestation immatérielle, consommée quand elle est produite
Prix relatifprix d’un bien exprimé en quantité d’un autre : c’est lui qui guide les choix
Revenu, épargne, patrimoineflux perçu sur une période ; part du revenu non consommée ; stock possédé à une date
Investis­sementachat de moyens de production durables (machines, bâtiments, logiciels) ; acheter des actions est un placement

Les agents et le circuit

MénagesEntreprisesAdministrations publiquesInstitutions financièrestravail · dépensesbiens · services · revenusimpôtsprestationsachats, aidesimpôtsépargnecrédits
Ménagesconsomment, offrent leur travail, épargnent (entrepreneurs individuels compris)
Sociétés non financièresproduisent des biens et des services marchands
Sociétés financièresbanques, assurances : collectent l’épargne, financent
Adminis­trations publiquesÉtat, collectivités locales, sécurité sociale : services non marchands, redistribution
ISBLSMinstitutions sans but lucratif au service des ménages : associations, syndicats, cultes
Reste du mondetous les agents non résidents (exportations, importations, capitaux)

Flux réels (travail, biens) et flux monétaires (revenus, dépenses) circulent en sens inverse. Découpage de la comptabilité nationale (secteurs institutionnels).

Raisonner en économiste

  • À la marge : comparer le gain et le coût d’une unité supplémentaire, non des totaux.
  • Incitations : les agents réagissent aux prix, aux impôts, aux règles, parfois de façon inattendue.
  • Toutes choses égales par ailleurs : isoler l’effet d’une cause en supposant les autres constantes.
  • L’échange volontaire peut enrichir les deux parties : chacune cède ce qu’elle valorise moins.
  • Un modèle simplifie à dessein : il vaut par ses hypothèses, à expliciter, et par sa confrontation aux données.
  • Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas (Bastiat) : chercher aussi les effets indirects et différés.
  • Stock ou flux : un stock se mesure à une date (patrimoine, dette) ; un flux sur une période (revenu, déficit).

Que produire, comment, pour qui ?

Toute société tranche trois questions : que produire, comment (quelles techniques, quel travail), pour qui (qui reçoit quoi).

Marchédécisions décentralisées, coordonnées par les prix
Plandécisions centralisées par l’État
Traditioncoutumes et règles héritées

Les économies réelles sont mixtes, dans des proportions débattues débat.

Lire un chiffre

  • 1 Unité : euros, %, points, indice ; en valeur ou en volume ?
  • 2 Période : mois, trimestre, année ; date de publication (les chiffres sont révisés).
  • 3 Champ : France ou métropole, zone euro ou Union, ménages ou population.
  • 4 Valeur ou volume : la valeur inclut la hausse des prix, le volume (« réel ») l’exclut.
  • 5 Comparaison : sur un trimestre, sur un an (glissement annuel), en moyenne annuelle ?
  • 6 Correction : CVS-CJO = corrigé des variations saisonnières et des jours ouvrables.
  • 7 Source : INSEE, Eurostat, BCE… définition et méthode publiées.

Calculs de base

Taux de variationVarrivée − VdépartVdépart × 100
Coefficient multiplicateurVarrivée / Vdépart = 1 + t · de 80 à 92 : ×1,15, soit +15 %
Variations successivesles coefficients se multiplient : +10 % puis −10 % ⇒ 1,1 × 0,9 = 0,99, soit −1 %
Taux annuel moyen(Va / Vd)1/n − 1 · de 100 à 150 en 10 ans : +4,1 % par an, non 5 %
Indice base 100Vt / Vbase × 100 · 1,60 € puis 1,84 € : indice 115, soit +15 %
Point ou pour-centchômage de 8 % à 9 % : +1 point, mais +12,5 %
Réel(1 + tnominal) / (1 + inflation) − 1 · salaire +4 %, prix +3 % : pouvoir d’achat +0,97 %, soit ≈ +1 %
Doublement≈ 70 / t années (« règle de 70 ») · à 2 % par an : 35 ans ; à 3,5 % : 20 ans

Pièges de raisonnement

  • ! Corrélation n’est pas causalité : deux séries qui évoluent ensemble peuvent dépendre d’une troisième cause.
  • ! « Après, donc à cause de » : une mesure suivie d’une amélioration n’en est pas forcément la cause.
  • ! Composition : ce qui vaut pour un agent ne vaut pas pour tous. Un ménage s’enrichit en épargnant ; si tous épargnent, la demande baisse (paradoxe de l’épargne, analyse keynésienne).
  • ! Gâteau fixe : le nombre d’emplois n’est pas une quantité donnée à partager ; il varie avec la demande, la productivité, la population active.
  • ! Effet de base : −50 % puis +50 % ⇒ ×0,75, soit 25 % sous le point de départ.
  • ! Moyenne et médiane : quelques très hauts revenus tirent la moyenne ; la médiane partage la population en deux moitiés.
  • ! Vitre cassée (Bastiat) : la casse « fait travailler le vitrier », mais la dépense manque ailleurs : aucun enrichissement net.

2 · Marchés : offre, demande, prix

Mémento — Économie

Offre, demande, équilibre

quantitéprixEP*Q*demandeoffreSCSP
  • Demande : quantité que les acheteurs veulent et peuvent acheter à chaque prix ; en général, elle baisse quand le prix monte (loi de la demande).
  • Offre : quantité que les vendeurs veulent vendre à chaque prix ; en général, elle monte avec le prix.
  • Équilibre E : le prix P* égalise les quantités offerte et demandée (Q*). Au-dessus : excédent, le prix tend à baisser ; au-dessous : pénurie, il tend à monter.
  • Surplus du consommateur (SC, hachuré) : écart entre ce que l’acheteur était prêt à payer et le prix payé. Surplus du producteur (SP, gris) : écart entre le prix reçu et le prix minimal auquel il aurait vendu.
Ex. Demande Q = 100 − 2P, offre Q = −20 + 2P. À l’équilibre 100 − 2P = −20 + 2P ⇒ P* = 30 €, Q* = 40. SC = ½ × 40 × (50 − 30) = 400 € ; SP = ½ × 40 × (30 − 10) = 400 €. (C’est le schéma ci-dessus.)

Hypothèses de la concurrence : nombreux acheteurs et vendeurs, produit homogène, information disponible, libre entrée. Quand elles manquent : p. 3.

Le consommateur : utilité et choix

  • Utilité : satisfaction retirée d’un bien. Utilité marginale : celle de la dernière unité ; elle décroît en général (le troisième café plaît moins que le premier).
  • Contrainte budgétaire : les dépenses ne peuvent dépasser le revenu ; les prix relatifs disent ce qu’il faut abandonner d’un bien pour obtenir un autre.
  • Choix optimal : le dernier euro dépensé rapporte la même utilité partout : Umx / Px = Umy / Py.
  • Quand un prix baisse : effet de substitution (le bien devient relativement moins cher) et effet de revenu (le pouvoir d’achat augmente).
  • L’eau et le diamant (Smith) : l’eau, vitale, vaut peu ; le diamant, cher. Pour les marginalistes, le prix reflète l’utilité de la dernière unité, faible quand l’eau abonde.
Ex. Café : utilité marginale 12, prix 4 € ⇒ 3 par euro ; pain : 4, prix 2 € ⇒ 2 par euro. Déplacer un euro du pain vers le café accroît la satisfaction, jusqu’à ce que les deux rapports s’égalisent.

Le prix, un signal

Informerun prix qui monte signale une rareté accrue
Inciteril pousse à produire davantage et à économiser le bien
Rationneril répartit ce qui existe entre ceux qui paient le plus

C’est le prix relatif qui compte : si tous les prix et tous les revenus doublent, rien de réel ne change. Quand un prix est bloqué, il faut un autre mode de rationnement : file d’attente, tickets, tirage au sort.

Glisser ou déplacer la courbe ?

Le prix du bien changemouvement le long de la courbe : la quantité demandée (ou offerte) varie
Un autre facteur changedéplacement de toute la courbe, à droite (hausse) ou à gauche (baisse)

Ce qui déplace la demande

revenu · prix des biens liés (substituts, compléments) · goûts, mode, publicité · anticipations · nombre d’acheteurs · conditions de crédit

Ce qui déplace l’offre

coût du travail, de l’énergie, des matières · technique · nombre de producteurs · impôts et subventions · climat, accidents · anticipations

Chocs et nouvel équilibre

ChocP*Q*
Demande ↑ (revenu ↑, bien normal)↑↑
Demande ↓↓↓
Offre ↑ (progrès technique)↓↑
Offre ↓ (sécheresse, énergie plus chère)↑↓
Demande ↑ et offre ↑?↑
Demande ↑ et offre ↓↑?

« ? » : dépend de l’ampleur relative des deux déplacements.

Élasticités

e = variation de la quantité (%)variation du prix (%)
Prix de la demande|e| > 1 : demande élastique ; |e| < 1 : inélastique ; 0 : insensible au prix
Revenu> 1 : bien de luxe · entre 0 et 1 : bien normal de nécessité · < 0 : bien inférieur (moins acheté quand le revenu monte)
Prix croisée> 0 : substituts (beurre, margarine) · < 0 : compléments (voiture, carburant)
Prix de l’offreaptitude des producteurs à ajuster leur production ; plus forte à long terme
Ex. Prix de 10 à 11 € (+10 %), quantité de 200 à 190 (−5 %) : e = −0,5, demande inélastique ; la recette passe de 2 000 à 2 090 €. Pour de grands écarts, rapporter les variations à la moyenne des deux valeurs (« en arc ») : −0,54.

Élasticité et recette

Demande inélastique : une hausse de prix accroît la recette. Demande élastique : elle la réduit.

La demande est plus élastique si…

les substituts sont nombreux · la dépense pèse lourd dans le budget · le bien n’est pas indispensable · on laisse le temps de s’adapter · le marché est défini étroitement (une marque plutôt que tous les carburants).

Quand l’État intervient sur un prix

quantitéprixPaPvP*QtQ*recetteoffre + taxedemandeoffre

Pa : prix payé par l’acheteur ; Pv : prix reçu par le vendeur. Hachuré : recette fiscale ; noir : perte sèche, les échanges mutuellement avantageux qui n’ont plus lieu.

Ex. Même marché, taxe de 12 € par unité : Pa = 36 €, Pv = 24 €, Q = 28 ; recette 12 × 28 = 336 € ; perte sèche ½ × 12 × 12 = 72 €. La charge se partage 6 € / 6 € parce que les deux pentes sont égales.
Incidence fiscalequi paie vraiment ? Pas forcément celui qui verse l’impôt : la charge retombe surtout sur le côté du marché le moins élastique.
Prix plafondfixé sous l’équilibre (loyer encadré, prix administré) ⇒ pénurie : à 26 €, 48 demandés, 32 offerts. Risques : files d’attente, marché parallèle, qualité en baisse ; ampleur discutée débat.
Prix plancherfixé au-dessus (prix agricole garanti, salaire minimum) ⇒ excédent : à 34 €, 32 demandés, 48 offerts. L’effet réel d’un salaire minimum sur l’emploi reste une question empirique disputée débat.
Subventioneffet inverse de la taxe : quantité ↑, coût pour le budget, perte sèche aussi.

Efficacité et équité

  • Optimum de Pareto : situation où l’on ne peut améliorer le sort de personne sans dégrader celui d’un autre.
  • Sous des hypothèses strictes (concurrence, ni externalités ni information cachée), l’équilibre de marché est un optimum de Pareto et le surplus total (SC + SP) y est maximal : premier théorème de l’économie du bien-être.
  • Efficace ne veut pas dire juste : une répartition très inégale peut être un optimum de Pareto. La justice relève d’un jugement normatif (utilité totale, égalité des chances, priorité aux plus défavorisés…).
  • Question classique : jusqu’où redistribuer sans trop réduire les incitations ? débat

Testez-vous

  • 1 Le prix du café baisse de 20 %, la quantité vendue monte de 10 %. Élasticité ? Que devient la recette ?
  • 2 Une gelée détruit une partie de la récolte d’oranges. Prix et quantité du jus d’orange ?
  • 3 Une taxe frappe un bien dont la demande est presque insensible au prix. Qui la supporte surtout ?

Réponses. 1 e = 10 / −20 = −0,5, demande inélastique ; recette × 0,8 × 1,1 = 0,88, soit −12 %. 2 l’offre baisse : prix ↑, quantité ↓. 3 les acheteurs, côté le moins élastique du marché.

3 · Entreprises, concurrence, défaillances du marché

Mémento — Économie

Produire

  • Facteurs de production : travail, capital physique (machines, bâtiments), capital humain (savoir-faire), ressources naturelles, technique et organisation.
  • Productivité : production par unité de facteur (par heure, par salarié). Productivité marginale : ce qu’ajoute une unité de plus.
  • Rendements décroissants (court terme) : à équipement fixe, chaque salarié de plus ajoute de moins en moins.
  • Rendements d’échelle (long terme, tous les facteurs doublés) : croissants si la production fait plus que doubler, constants, ou décroissants.
  • Valeur ajoutée = production − consommations intermédiaires (ce qui est acheté et transformé).
Ex. Boulangerie : ventes 300 000 €, farine, énergie, emballages 120 000 € ⇒ valeur ajoutée 180 000 €, qui rémunère salariés (110 000 €), État (impôts sur la production, 10 000 €) et entreprise (excédent brut d’exploitation, 60 000 €).

Les coûts

quantitécoût unitaireCmCMCVMseuil de fermetureseuil de rentabilité
CF, CVcoût fixe (loyer, machines), indépendant de la quantité ; coût variable (matières, énergie, heures)
CT, CMcoût total = CF + CV ; coût moyen CM = CT / Q ; coût variable moyen CVM = CV / Q
Cmcoût marginal : coût de la dernière unité, ΔCT / ΔQ ; il coupe CM et CVM en leur minimum
Irrécupé­rablecoût déjà engagé et perdu quoi qu’on fasse : il ne doit pas peser sur la décision
QCTCMCm
0100——
114014040
21708530
319063,320
42205530
52705450
634056,770
Ex. CF = 100 €. Au prix de 60 €, produire tant que Cm ≤ prix : 5 unités (la 6ᵉ coûterait 70 €) ; profit 5 × 60 − 270 = 30 €. Seuil de rentabilité : 54 € (minimum de CM) ; seuil de fermeture : 30 € (minimum de CVM).

Pourquoi des entreprises ?

Coase (1937) : passer par le marché a un coût — chercher, négocier, contrôler : les coûts de transaction. L’entreprise existe quand il revient moins cher d’organiser une activité en interne que de l’acheter : c’est le choix « faire ou faire faire ».

Maximiser le profit

  • Profit = recette totale − coût total. Recette marginale (Rm) : recette de la dernière unité vendue.
  • Règle : produire jusqu’à Rm = Cm. En concurrence, l’entreprise ne choisit pas son prix : Rm = prix, donc prix = Cm.
  • Un monopole doit baisser son prix pour vendre plus : Rm < prix. Il produit moins et vend plus cher qu’en concurrence ⇒ perte sèche.

Structures de marché

Concurrence parfaite
très nombreux vendeurs · produit identique · entrée libre · aucun pouvoir sur le prix (« preneur de prix »). Idéal théorique, approché sur certains marchés de matières premières.
Concurrence monopolistique
nombreux vendeurs · produits différenciés (marque, lieu, qualité) · entrée libre · petit pouvoir sur le prix. Restaurants, coiffeurs, vêtements.
Oligopole
quelques vendeurs interdépendants · barrières à l’entrée · stratégies de prix et de capacités, risque d’entente. Télécommunications, aéronautique.
Monopole
un seul vendeur · fortes barrières (brevet, réseau, licence) · fixe son prix. Monopole naturel : un seul producteur coûte moins cher que plusieurs (réseaux d’eau, rail).
Monopsone
un seul acheteur face à de nombreux vendeurs (grand employeur d’un bassin d’emploi).
Ex. Concentration : indice de Herfindahl-Hirschman = somme des carrés des parts de marché en %. Parts 40, 30, 20, 10 ⇒ 1 600 + 900 + 400 + 100 = 3 000 (sur 10 000 au plus).

Stratégies : le dilemme du prisonnier

B : prix hautB : prix bas
A : prix haut10 / 102 / 14
A : prix bas14 / 25 / 5

Profits de A / de B. Quel que soit le choix de B, A gagne à baisser son prix (14 > 10, 5 > 2), et de même pour B : tous deux finissent à 5 / 5 alors que 10 / 10 était possible. C’est un équilibre de Nash : aucun joueur ne gagne à changer seul de stratégie. D’où l’instabilité des ententes et les guerres de prix ; quand le jeu se répète, la coopération peut s’installer (Axelrod, 1984).

Taille des entreprises (INSEE)

Micro­entreprisemoins de 10 personnes ; chiffre d’affaires ou bilan ≤ 2 M€
PMEmoins de 250 personnes ; chiffre d’affaires ≤ 50 M€ ou bilan ≤ 43 M€
ETItaille intermédiaire : moins de 5 000 personnes ; chiffre d’affaires ≤ 1,5 Md€ ou bilan ≤ 2 Md€
Grande entrepriseau-delà

Catégories fixées par le décret n° 2008-1354, pour la statistique.

Défaillances du marché

Externalités
effet d’une activité sur des tiers, sans passer par un prix. Négative (pollution, bruit) ⇒ trop produite ; positive (vaccination, recherche) ⇒ pas assez. Réponses : norme, taxe « pigouvienne » (Pigou, 1920), marché de quotas (SEQE-UE, 2005), négociation entre les parties si les droits sont définis et les coûts de transaction faibles (Coase, 1960).
Information asymétrique
une partie en sait plus que l’autre. Sélection adverse, avant le contrat : voitures d’occasion (Akerlof, 1970). Aléa moral, après : l’assuré moins prudent. Réponses : garanties, signaux (diplôme), franchises, contrôles.
Pouvoir de marché
entente, abus de position dominante : interdits par les articles 101 et 102 du traité sur le fonctionnement de l’UE ; contrôle des concentrations.

Biens publics et communs

ExclusifNon exclusif
Rivalbien privé : pain, voiturebien commun : poissons en haute mer, nappe phréatique
Non rivalbien de club : chaîne payante, logiciel sous licencebien public : phare, défense, éclairage de rue

Rival : ce que l’un consomme manque à l’autre. Exclusif : on peut en priver qui ne paie pas. Un bien public attire le passager clandestin ⇒ financement par l’impôt. Un bien commun risque la surexploitation (« tragédie des communs », Hardin, 1968) ; Elinor Ostrom (prix Nobel 2009) a montré des communautés qui les gèrent durablement par leurs propres règles.

Et les défaillances de l’État ?

Théorie des choix publics (Buchanan et Tullock, 1962) : élus et administrations poursuivent aussi leurs intérêts ; recherche de rente, capture du régulateur ; Hayek (1945) : aucun planificateur ne réunit l’information dispersée que portent les prix. D’où la question, à trancher cas par cas : l’intervention corrige-t-elle plus qu’elle ne coûte ? débat

Testez-vous

  • 1 Au prix de 40 €, l’entreprise du tableau ci-contre doit-elle produire ?
  • 2 Une usine rejette ses eaux dans une rivière où vivent des pêcheurs. Quelle défaillance ? Quelles réponses ?
  • 3 Pourquoi un phare est-il un bien public ?

Réponses. 1 oui, 4 unités : elle perd 60 € au lieu des 100 € de coût fixe si elle s’arrête ; le prix dépasse le minimum du CVM (30 €). 2 une externalité négative ; norme, taxe, quotas, ou négociation si les droits sont clairs (Coase). 3 il est non rival (un navire de plus ne gêne pas les autres) et non exclusif (on ne peut en priver qui ne paie pas).

4 · PIB, croissance, cycles, inégalités

Mémento — Économie

Le PIB, mesuré de trois façons

Produit intérieur brut : valeur des biens et services produits dans le pays pendant une période, déduction faite de ce qui a été consommé pour les produire, c’est-à-dire la somme des valeurs ajoutées des unités résidentes.

ProductionPIB = somme des valeurs ajoutées + impôts sur les produits − subventions sur les produits
DépensePIB = consommation finale + investissement (FBCF) + variation des stocks + exportations − importations
RevenusPIB = rémunération des salariés + excédent brut d’exploitation et revenu mixte + impôts sur la production et les importations − subventions
PIB + M = CF + FBCF + ΔS + X

M : importations ; CF : consommation finale ; ΔS : variation des stocks ; X : exportations. FBCF (formation brute de capital fixe) : achats de biens durables de production — machines, bâtiments, logiciels — y compris les logements neufs achetés par les ménages.

Valeur, volume, prix

En valeuraux prix de l’année (« nominal », « en euros courants »)
En volumehors effet des prix (« réel ») : c’est la croissance
Déflateurindice des prix du PIB = valeur / volume
Par habitantPIB / population : indicateur de niveau de vie moyen
PPAparité de pouvoir d’achat : convertit les monnaies en tenant compte des niveaux de prix, pour comparer des pays
RNBrevenu national brut = PIB + revenus reçus du reste du monde − revenus qui lui sont versés
(1 + gvaleur) = (1 + gvolume) × (1 + gprix)
Ex. France 2025 (INSEE, 29/05/2026) : volume +0,8 %, prix +1,1 % ⇒ valeur 1,008 × 1,011 ≈ +1,9 % ; PIB : 2 991,1 Md€. Ce n’est pas un exemple fictif.

Ce que le PIB ne mesure pas

  • le travail domestique et le bénévolat ; une partie de l’économie souterraine ;
  • l’épuisement des ressources et les dégâts à l’environnement (une dépollution augmente le PIB) ;
  • la répartition des revenus, la santé, le loisir, la qualité des produits ;
  • le patrimoine : le PIB est un flux, non une richesse accumulée.

Autres mesures : indice de développement humain (PNUD : santé, éducation, revenu) ; rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi (2009) sur la mesure du bien-être et de la soutenabilité.

La croissance et ses sources

  • Croissance : hausse durable du PIB en volume. Croissance potentielle : celle que permettent les facteurs pleinement employés, sans tension sur les prix.
  • Trois sources : plus de travail (population active, heures), plus de capital (investissement), plus d’efficacité — la productivité globale des facteurs (PGF) : technique, organisation, compétences, institutions.
Y = A · Kα · L1−α
gY ≈ gA + α gK + (1 − α) gL
Ex. α = 0,3 ; capital +3 %, travail +0,5 %, PIB +2 % ⇒ PGF ≈ 2 − 0,9 − 0,35 = 0,75 point : le « résidu », la part que les facteurs n’expliquent pas.

Théories

Solow (1956)le capital a des rendements décroissants : à long terme, seul le progrès technique, supposé venu de l’extérieur, fait croître le niveau de vie ; les pays semblables convergent.
Croissance endogèneRomer (1986), Lucas : idées, recherche et capital humain se diffusent sans s’épuiser ; la croissance dépend donc aussi des politiques d’éducation et d’innovation.
Schumpeterdestruction créatrice (1942) : les innovations remplacent entreprises et emplois anciens. Prix Nobel 2025 : Mokyr, Aghion et Howitt, pour la croissance tirée par l’innovation.
Institutionsdroits de propriété, État de droit, institutions « inclusives » ou « extractives » (Acemoglu et Robinson, Why Nations Fail, 2012 ; prix Nobel 2024).

Les cycles

tempsPIB en volumepicpiccreuxexpansionrécessionexpansiontendance(PIB potentiel)
  • Récession : recul de l’activité. Convention courante, non officielle : deux trimestres de suite de baisse du PIB.
  • Écart de production : PIB effectif − PIB potentiel (en % du potentiel). Positif (hachuré) : tensions sur les prix ; négatif (gris) : capacités et travailleurs inemployés. Estimé, jamais observé.
  • Indicateurs avancés : climat des affaires, confiance des ménages, carnets de commandes, indices PMI.
  • Explications : chocs de demande (keynésiens) ; chocs de productivité (théorie des cycles réels, Kydland et Prescott, prix Nobel 2004) ; excès puis contraction du crédit (Minsky ; école autrichienne) débat.

Répartition et inégalités

AB% cumulé des ménages% cumulé du revenuégalitéGini = A / (A + B)0 : égalité parfaite(la diagonale)1 : un seul ménagereçoit toutici : 0,39
  • Revenu primaire (salaires, revenus mixtes, revenus du patrimoine) → redistribution (impôts, cotisations, prestations) → revenu disponible.
  • Niveau de vie = revenu disponible du ménage / nombre d’unités de consommation : 1 pour le premier adulte, 0,5 par personne de 14 ans ou plus, 0,3 par enfant de moins de 14 ans (échelle dite de l’OCDE, INSEE).
  • Médiane : partage la population en deux moitiés. Déciles : D1, sous lequel vivent les 10 % les plus modestes, D9, au-dessus duquel vivent les 10 % les plus aisés ; rapport interdécile D9 / D1.
  • Pauvreté monétaire : niveau de vie inférieur à 60 % du niveau de vie médian (convention européenne, INSEE).
  • Le patrimoine (stock) est en général bien plus concentré que le revenu (flux).
Ex. Couple et deux enfants de moins de 14 ans : 1 + 0,5 + 0,3 + 0,3 = 2,1 UC ; revenu disponible 42 000 € par an ⇒ niveau de vie 20 000 € par an.

Contribution à la croissance

Contribution d’une composante = son poids dans le PIB × sa croissance. Consommation = 55 % du PIB, en hausse de 1 % ⇒ contribution de 0,55 point. La somme des contributions donne la croissance du PIB.

Comptes des agents : trois ratios

Taux d’épargne des ménages
épargne / revenu disponible brut : 17,2 % au 2ᵉ trimestre 2026
Taux de marge des sociétés non financières
excédent brut d’exploitation / valeur ajoutée : 31,5 % au 2ᵉ trimestre 2026
Pouvoir d’achat par unité de consommation
−0,6 % au 2ᵉ trimestre 2026, sur un trimestre

Source : INSEE, comptes nationaux trimestriels du 28/08/2026.

Productivité et niveau de vie

PIBhabitants = PIBheures × heuresemplois × emploishabitants

Le PIB par habitant progresse par la productivité horaire, la durée du travail ou la part de la population en emploi. Productivité +1 %, heures par emploi −0,5 %, taux d’emploi inchangé ⇒ PIB par habitant ≈ +0,5 %.

Testez-vous

  • 1 PIB en valeur +4 %, prix +2,5 % : quelle croissance ?
  • 2 Couple sans enfant, revenu disponible 36 000 € par an : niveau de vie ?
  • 3 L’investissement, 23 % du PIB, progresse de 4 % : contribution à la croissance ?

Réponses. 1 1,04 / 1,025 − 1 ≈ +1,5 % en volume. 2 1,5 UC ⇒ 24 000 € par an. 3 0,23 × 4 = 0,92 point.

5 · Emploi, chômage, inflation

Mémento — Économie

Mesurer l’emploi et le chômage

  • Population en âge de travailler = actifs (en emploi + chômeurs) + inactifs (études, retraite, foyer…).
  • Chômeur au sens du BIT (Bureau international du travail) : personne de 15 ans ou plus qui, à la fois, est sans emploi durant une semaine donnée, est disponible dans les deux semaines, et a cherché activement un emploi au cours des quatre dernières semaines — ou en a trouvé un qui commence dans moins de trois mois (INSEE).
Taux de chômagechômeurs / actifs × 100 — et non / population totale
Taux d’activitéactifs / population de la tranche d’âge
Taux d’emploipersonnes en emploi / population de la tranche d’âge
Halo du chômageinactifs qui souhaitent travailler sans remplir tous les critères du BIT
Demandeurs d’emploiinscrits à France Travail (catégories A, B, C…) : source administrative, distincte du chômage BIT
Ex. Sur 1 000 personnes de 15 à 64 ans : 680 en emploi, 60 chômeurs ⇒ 740 actifs ; taux de chômage 60 / 740 = 8,1 % ; taux d’emploi 68 % ; taux d’activité 74 %.

Types de chômage et explications

Frictionnelle temps de chercher et de changer d’emploi ; inévitable, en partie utile
Structurelqualifications ou lieux qui ne correspondent pas aux postes, règles du marché du travail ; persiste même en haut de cycle
Conjoncturella demande de biens manque, les entreprises embauchent moins (analyse keynésienne)
Classiquele coût du travail dépasse ce que rapporte le salarié (analyse néoclassique)
Chômage d’équilibretaux compatible avec une inflation stable (NAIRU) ; estimé, non observé, et ses estimations varient débat

Autres pistes : salaire d’efficience (payer plus pour motiver et retenir), coûts d’appariement entre offres et demandes d’emploi, clivage entre salariés en place et exclus.

Politiques de l’emploi

Passivesindemniser le chômage, garantir un revenu
Activesformer, accompagner la recherche, aider l’embauche, emplois aidés
Coût du travailallègements de cotisations, surtout sur les bas salaires
Règlesprotection de l’emploi, contrats, durée du travail

« Flexicurité » (modèle danois) : licencier est facile, mais l’indemnisation est généreuse et l’accompagnement intensif. L’efficacité comparée de ces outils fait l’objet d’évaluations aux résultats variables débat.

Mesurer l’inflation

  • Inflation : hausse générale et durable du niveau des prix, donc perte de pouvoir d’achat de la monnaie. La hausse d’un seul prix n’en est pas.
  • Désinflation : l’inflation ralentit (les prix montent moins vite). Déflation : baisse générale et durable des prix. Stagflation : inflation et stagnation avec chômage (années 1970).
IPCindice des prix à la consommation (INSEE) : prix d’un panier de biens et services, pondérés par les dépenses des ménages
IPCHindice harmonisé européen : celui que vise la BCE
Sous-jacentehors prix volatils (énergie, produits frais) et tarifs publics : la tendance de fond ; définition variable selon l’institut
Glissement annuelce mois-ci par rapport au même mois un an plus tôt ; ≠ moyenne annuelle
Ex. Indice 118,2 en septembre de l’an dernier, 121,7 ce mois-ci : inflation sur un an 121,7 / 118,2 − 1 = +2,96 %, soit ≈ +3,0 %. Un revenu en hausse de 2 % perd alors ≈ 1 % de pouvoir d’achat.

Inflation ressentie : le panier moyen n’est celui de personne ; les achats fréquents marquent davantage ; l’achat d’un logement, qui est un investissement, n’entre pas dans l’IPC (les loyers, si).

Causes et effets de l’inflation

Causes avancées
Par la demandela demande globale dépasse les capacités de production (surchauffe)
Par les coûtsénergie, matières premières, salaires plus chers que ne le compense la productivité ; inflation importée par le change
Monétairela monnaie croît plus vite que la production ; pour Friedman, l’inflation est toujours d’origine monétaire débat
Anticipationssi chacun attend des hausses, prix et salaires s’ajustent d’avance : boucle prix-salaires
Margeshausse des marges des entreprises : rôle discuté dans la poussée de 2021-2023 débat
Effets
Redistributioninflation non anticipée : gagnent les emprunteurs à taux fixe ; perdent prêteurs, épargnants et revenus non indexés
Coûtsincertitude, prix moins lisibles, étiquettes à changer, illusion monétaire
Déflationachats reportés, poids réel des dettes accru : « déflation par la dette » (Irving Fisher, après 1929)

Inflation et chômage : Phillips

taux de chômageinflationlong termeu*CT 2 %CT 5 %ABC0
  • Phillips (1958) : au Royaume-Uni, relation inverse entre chômage et hausse des salaires nominaux. Samuelson et Solow y lisent un arbitrage : moins de chômage contre plus d’inflation.
  • Friedman et Phelps (1967-1968) : l’arbitrage ne dure pas. Une relance fait passer de A à B ; les anticipations s’ajustent, la courbe de court terme (CT) monte, retour en C au chômage d’équilibre u* avec plus d’inflation. À long terme, la courbe est verticale. Les années 1970 (stagflation) ont paru le confirmer.
  • Anticipations rationnelles (Lucas, Sargent) : seule une politique non anticipée agit, et brièvement.
  • Depuis les années 1990, la relation paraît plus plate ; son retour en 2021-2023 est discuté débat.

Croissance et chômage : Okun

Okun (1962) : relation observée entre chômage et production. Dans sa version usuelle, un point de chômage en plus va de pair avec une production inférieure d’environ 2 % à son potentiel. Le coefficient varie selon les pays et les périodes, et sa stabilité est contestée. Retenir : une croissance inférieure à la croissance potentielle fait monter le chômage.

Le marché du travail

  • Demande de travail (entreprises) : elle baisse quand le salaire réel monte plus vite que la productivité.
  • Offre de travail (ménages) : effet de substitution (travailler rapporte plus) contre effet de revenu (on peut s’offrir plus de loisir) ; le résultat net est une question empirique.
  • Capital humain (formation, expérience) : il accroît la productivité et donc le salaire possible.
  • Salaire minimum : effet sur l’emploi débattu ; l’étude de Card et Krueger sur les restaurants rapides du New Jersey n’a pas trouvé la baisse attendue, d’autres travaux en trouvent une (David Card, prix Nobel 2021) débat.
  • Pouvoir d’achat du revenu : revenu disponible corrigé de la hausse des prix, calculé par ménage ou par unité de consommation (p. 4).

Testez-vous

  • 1 Sur 1 200 personnes : 855 en emploi, 45 chômeurs, 300 inactifs. Taux de chômage ?
  • 2 Prêt à taux fixe de 3 %, inflation de 5 % : qui y gagne ?
  • 3 Les prix baissent de 1 % sur un an : désinflation ?

Réponses. 1 45 / (855 + 45) = 5 % — les inactifs ne comptent pas. 2 l’emprunteur : taux réel 1,03 / 1,05 − 1 ≈ −1,9 %. 3 non : désinflation = hausse qui ralentit ; une baisse générale et durable est une déflation.

6 · Monnaie, banques, banque centrale

Mémento — Économie

La monnaie

  • Trois fonctions : intermédiaire des échanges (on vend contre de la monnaie, puis on achète), unité de compte (tout s’exprime en euros), réserve de valeur (on peut attendre pour dépenser).
  • Formes successives : monnaie-marchandise (métal) → billets convertibles en or → monnaie fiduciaire (billets et pièces, fondés sur la confiance) → monnaie scripturale (dépôts à vue : l’essentiel de la monnaie).
  • Carte, virement, chèque sont des moyens de paiement : ils font circuler la monnaie scripturale, ils n’en sont pas.
  • Crypto-actifs : très volatils, peu employés comme unité de compte ; qu’ils soient ou non de la monnaie est discuté débat.

Agrégats monétaires de la zone euro (BCE)

M1billets et pièces en circulation + dépôts à vue
M2M1 + dépôts à terme jusqu’à 2 ans + dépôts remboursables avec préavis jusqu’à 3 mois (livrets)
M3M2 + pensions, parts de fonds monétaires, titres de créance jusqu’à 2 ans émis par les banques

Qui crée la monnaie ?

  • Les banques commerciales créent l’essentiel de la monnaie en accordant des crédits : le prêt s’inscrit à leur actif, le dépôt créé à leur passif — « les crédits font les dépôts ».
  • Le remboursement du crédit détruit la monnaie correspondante.
Actif de la banquePassif de la banque
Crédit à M. X : +10 000 €Dépôt de M. X : +10 000 €

Limites : demande de crédit par des emprunteurs solvables ; risque et rentabilité ; besoin de monnaie centrale (billets retirés, règlements entre banques, réserves obligatoires) ; règles prudentielles (fonds propres, liquidité).

Deux lectures : la monnaie est exogène, pilotée par la banque centrale qui fixe sa quantité (vision du multiplicateur de crédit, monétaristes), ou endogène, créée à la demande de crédit, la banque centrale pilotant son prix, le taux d’intérêt (post-keynésiens ; c’est ainsi que les banques centrales décrivent aujourd’hui leur action) débat.

Banques et stabilité financière

  • Transformation : les banques prêtent à long terme avec des dépôts retirables à tout moment ⇒ risque de ruée bancaire si la confiance se perd.
  • Garantie des dépôts (France, FGDR) : 100 000 € par client et par établissement pour les comptes, livrets et plans d’épargne ; autant, à part, pour le Livret A, le LDDS et le LEP.
  • Règles prudentielles (accords de Bâle) : fonds propres proportionnés aux risques, réserves de liquidité ; la BCE supervise directement les grandes banques de la zone euro.
  • Prêteur en dernier ressort : en crise, la banque centrale prête largement aux banques solvables contre de bonnes garanties — au risque d’aléa moral (« trop grosse pour faire faillite »).

La banque centrale

  • Banque des banques : elle émet les billets et tient les comptes des banques (la monnaie centrale) ; conduit la politique monétaire ; prête en dernier ressort en cas de crise ; surveille les grandes banques.
  • Eurosystème : la BCE et les banques centrales nationales (dont la Banque de France) des 21 pays de la zone euro (la Bulgarie en 2026).
  • Mandat (art. 127 du traité sur le fonctionnement de l’UE) : objectif principal, la stabilité des prix ; sans préjudice de celle-ci, soutenir les politiques économiques générales de l’Union.
  • Cible : 2 % d’inflation (IPCH) à moyen terme, de façon symétrique — un écart en dessous est aussi indésirable qu’un écart au-dessus.
  • Indépendance (art. 130) : ni la BCE ni les banques centrales nationales ne reçoivent d’instructions des gouvernements ; le traité interdit le financement monétaire des États.
  • Réserve fédérale (États-Unis) : double mandat, emploi maximal et stabilité des prix.

Les taux directeurs de la BCE

0 %2 %4 %20142016201820202022202420264,00 %−0,50 %2,50 %

Taux de la facilité de dépôt, 2014-2026 : négatif de juin 2014 à juillet 2022, 4,00 % de septembre 2023 à juin 2024, 2,00 % en juin 2025, relevé à 2,25 % le 17 juin 2026 puis à 2,50 % le 16 septembre 2026.

Facilité de dépôt : 2,50 %
rémunère au jour le jour les dépôts des banques à la BCE ; c’est ce taux qui guide aujourd’hui ceux du marché monétaire
Refinancement principal : 2,65 %
prêts à une semaine aux banques, contre garanties
Prêt marginal : 2,90 %
prêts au jour le jour ; plafond du « corridor »

Niveaux en vigueur depuis le 16/09/2026 (site de la BCE, consulté le 30/09/2026).

Pourquoi viser 2 % plutôt que 0 ?

  • une marge contre la déflation, plus difficile à combattre ;
  • une marge pour baisser les taux en récession : le taux nominal descend peu sous zéro et vaut à peu près taux réel + inflation ;
  • les indices tendent à surestimer un peu la hausse du coût de la vie (progrès de la qualité) ;
  • une légère inflation facilite l’ajustement des salaires réels sans baisse des salaires nominaux.

Raisons couramment avancées par les banques centrales ; le bon niveau de la cible reste discuté débat.

De la BCE aux prix

  • 1 Taux directeurs ↑ ⇒ taux du marché monétaire ↑ ;
  • 2 taux des crédits ↑, prix des actifs (actions, immobilier) ↓, euro ↑ ;
  • 3 crédit, investissement, consommation ↓ ; importations moins chères ;
  • 4 anticipations d’inflation tenues ⇒ inflation ↓ — avec des délais « longs et variables » (Friedman).

Hors des taux

Achats massifs de titres (assouplissement quantitatif, répandu après la crise de 2008), prêts à long terme aux banques, annonces sur la conduite future ; resserrement quantitatif : réduction du bilan.

Taux réel, règle de Taylor

taux réel ≈ taux nominal − inflation
Ex. Taux de dépôt 2,50 %, inflation de la zone euro 3,2 % (août 2026) : taux réel ex post 1,025 / 1,032 − 1 ≈ −0,7 %. Chiffres réels, non fictifs.
i = r* + π + 0,5 (π − π*) + 0,5 y

Taylor (1993) décrit ce que fait une banque centrale : taux neutre r*, inflation π, cible π*, écart de production y. Avec r* = 0,5 %, π = 3 %, π* = 2 %, écart −1 % : i = 0,5 + 3 + 0,5 − 0,5 = 3,5 %. Aucune banque centrale ne l’applique mécaniquement ; r* ne s’observe pas.

Théorie quantitative

M · V = P · Y  ⇒  m + v ≈ π + g

Monnaie M, vitesse de circulation V, prix P, production réelle Y. Si V est stable, monnaie +6 % et production +2 % ⇒ inflation ≈ 4 % (3,9 % exactement). La stabilité de V est contestée : elle a beaucoup varié débat.

Taux d’intérêt : repères

  • Court et long terme : la banque centrale agit surtout sur les taux courts ; les taux longs reflètent les taux courts attendus, plus une prime de durée et de risque.
  • Courbe des taux : le taux selon la durée du prêt, en général croissante. Inversée (taux courts > taux longs), elle a souvent précédé les récessions ; la valeur de ce signal est discutée débat.
  • Le prix d’une obligation et son taux varient en sens inverse : quand les taux montent, les titres anciens, moins rémunérateurs, perdent de la valeur.
Ex. Un titre versera 102 € dans un an. Au taux de 2 %, il vaut 102 / 1,02 = 100 € ; si les taux montent à 3 %, il ne vaut plus que 102 / 1,03 ≈ 99,03 €.

Testez-vous

  • 1 Taux nominal 4 %, inflation 1,5 % : taux réel ?
  • 2 Une banque accorde un prêt de 5 000 €, versé sur le compte de l’emprunteur. Que devient M1 ?
  • 3 La BCE relève ses taux : effet attendu sur l’euro et sur le prix des importations ?

Réponses. 1 1,04 / 1,015 − 1 ≈ 2,5 %. 2 +5 000 € : un dépôt à vue est créé. 3 l’euro tend à s’apprécier ; les importations coûtent moins cher, l’inflation importée recule.

7 · Finances publiques et économie ouverte

Mémento — Économie

Finances publiques

APUadministrations publiques : État, administrations locales, sécurité sociale
Solde publicrecettes − dépenses des APU ; négatif : déficit (besoin de financement)
Solde primairesolde hors intérêts de la dette
Solde structurelsolde corrigé des effets du cycle et des mesures ponctuelles ; estimé, souvent révisé
Dette publiqueau sens de Maastricht : dette brute consolidée des APU, en % du PIB ; un stock, quand le déficit est un flux
Prélève­ments obligatoiresimpôts + cotisations sociales : 43,6 % du PIB en France en 2025 (INSEE)

Trois fonctions de l’État (Musgrave)

Allocation (fournir ce que le marché produit mal) · redistribution (corriger la répartition) · stabilisation (amortir les cycles).

Impôts

Progressif : le taux moyen monte avec le revenu (impôt sur le revenu) · proportionnel : taux constant (CSG sur les salaires) · dégressif en proportion du revenu : la TVA pèse plus sur les ménages modestes, qui consomment une plus grande part de leur revenu.

La dynamique de la dette

Δd ≈ (r − g) · d − s

d : dette / PIB ; r : taux d’intérêt moyen payé sur la dette ; g : croissance du PIB en valeur ; s : solde primaire en % du PIB. Si r > g, la dette grossit d’elle-même (« effet boule de neige ») tant que l’État ne dégage pas d’excédent primaire.

Ex. d = 110 %, r = 2 %, g = 3 % : sans déficit primaire, le ratio baisse d’environ 1,1 point par an (110 × 1,02 / 1,03 = 108,9) ; avec un déficit primaire de 2 % du PIB, il monte de 0,9 point. Si r = 4 %, il faut un excédent primaire d’environ 1,1 % du PIB pour le stabiliser.

Règles budgétaires européennes

  • Traité de Maastricht (1992) : valeurs de référence d’un déficit public de 3 % et d’une dette de 60 % du PIB ; procédure de déficit excessif (art. 126 du traité sur le fonctionnement de l’UE).
  • Pacte de stabilité et de croissance, réformé : nouvelles règles en vigueur depuis le 30 avril 2024. Chaque État présente un plan budgétaire et structurel à moyen terme (4 ou 5 ans) ; l’ajustement s’étale sur 4 ans, jusqu’à 7 en échange de réformes et d’investissements ; le suivi porte sur une trajectoire de dépenses nettes.

« Trop d’impôt tue l’impôt » ?

Courbe de Laffer : à taux nul, la recette est nulle ; à 100 %, plus personne n’a intérêt à déclarer ou à produire. Entre les deux, la recette passe par un maximum. Que la courbe existe n’est guère contesté ; où se situe ce maximum, et si un impôt donné l’a dépassé, l’est beaucoup débat.

Politique budgétaire

  • Multiplicateur keynésien : une dépense publique de plus accroît le revenu, donc la consommation, donc de nouveau le revenu. Dans le modèle simple, k = 1 / (1 − c), c étant la part consommée d’un euro de revenu supplémentaire : c = 0,8 ⇒ k = 5. Avec des impôts (taux t = 0,4) et des importations (part m = 0,3) : k = 1 / (1 − c(1 − t) + m) ≈ 1,2.
  • Les estimations empiriques varient selon la conjoncture, le niveau des taux, l’ouverture, le change débat.
  • Stabilisateurs automatiques : en récession, les recettes baissent et les allocations chômage montent sans décision nouvelle, ce qui soutient la demande.
  • Effet d’éviction : l’emprunt public peut faire monter les taux et réduire l’investissement privé.
  • Équivalence ricardienne (Barro) : si les ménages prévoient les impôts futurs, ils épargnent la relance financée par la dette ; hypothèses fortes, validité empirique discutée débat.
  • Policy mix : dosage des politiques budgétaire et monétaire ; dans la zone euro, une monnaie, des budgets nationaux.

Pourquoi échanger ? Ricardo

Travail par unitéDrapVin
Angleterre100120
Portugal9080

Exemple de Ricardo (1817). Le Portugal est plus productif pour les deux biens (avantage absolu, Smith, 1776), mais son avance est la plus forte pour le vin : une unité de vin lui coûte 80 / 90 ≈ 0,89 unité de drap, contre 120 / 100 = 1,2 en Angleterre. Chacun se spécialise là où son coût d’opportunité est le plus bas : avec les mêmes 390 unités de travail, on obtient 2,2 draps (Angleterre) et 2,125 vins (Portugal) au lieu de 2 et 2.

Dotations (Heckscher, Ohlin)un pays exporte les biens qui utilisent intensément ses facteurs abondants ; l’ouverture profite au facteur abondant et pèse sur le facteur rare (théorème de Stolper-Samuelson) : il y a des perdants dans chaque pays.
Nouvelle théorieéconomies d’échelle et goût pour la variété expliquent le commerce entre pays semblables, de produits voisins (Krugman, prix Nobel 2008).
Gravitéle commerce entre deux pays croît avec leur taille et décroît avec la distance.

Mesurer l’ouverture

Taux d’ouverture(exportations + importations) / 2, rapporté au PIB
Taux de couvertureexportations / importations × 100
Termes de l’échangeprix des exportations / prix des importations × 100 ; au-dessus de 100, les exportations paient plus d’importations
Ex. Exportations 80, importations 100, PIB 400 : couverture 80 %, ouverture 22,5 %. Prix à l’exportation +2 %, à l’importation +5 % : termes de l’échange 1,02 / 1,05 × 100 ≈ 97,1 : ils se dégradent.

Libre-échange ou protection ?

  • Instruments : droits de douane, quotas, normes, subventions, marchés publics réservés.
  • Effets d’un droit de douane : prix intérieur ↑, production locale ↑, consommation et importations ↓, recette douanière, perte sèche ; représailles possibles (loi Smoot-Hawley, États-Unis, 1930).
  • Pour : industries naissantes (List), sécurité d’approvisionnement, emplois exposés, normes sociales et environnementales. Contre : prix plus élevés, moindre concurrence, rétorsions débat.
  • OMC (1995, successeur du GATT de 1947) : non-discrimination (clause de la nation la plus favorisée), règlement des différends.

Balance des paiements, change

Compte courantbiens (balance commerciale), services, revenus primaires, revenus secondaires (transferts)
Compte financierinvestissements directs, de portefeuille, autres, avoirs de réserve

Un déficit courant se finance par des entrées de capitaux. Identité : solde courant = épargne nationale − investissement.

  • Appréciation de l’euro : exportations plus chères pour l’étranger, importations moins chères, inflation importée ↓. Dépréciation : l’inverse.
  • Change réel = change nominal × prix intérieurs / prix étrangers : la compétitivité-prix.
  • Parité de pouvoir d’achat : à long terme, le change tendrait à égaliser le prix d’un même panier ; vérifiée de loin et à long terme (indice Big Mac de The Economist, depuis 1986).
  • Régimes : changes fixes de Bretton Woods (1944) jusqu’à la fin de la convertibilité du dollar en or (15 août 1971), puis changes flottants ; union monétaire (euro).

Triangle d’incompatibilité

libre circulationdes capitauxchange fixepolitique monétaireautonomemonnaieuniquechangeflottantcontrôledes capitaux

On ne peut avoir à la fois que deux des trois sommets ; le côté qui les relie indique le choix fait. Mundell, prix Nobel 1999, est aussi l’auteur de la théorie des zones monétaires optimales (années 1960) : mobilité du travail, souplesse des prix, transferts budgétaires.

Testez-vous

  • 1 Dette de 100 % du PIB, r = 3 %, g = 2 % : quel solde primaire la stabilise ?
  • 2 Économie fermée, sans impôts, c = 0,75 : multiplicateur ?
  • 3 L’euro perd 10 % face au dollar : effet pour un exportateur européen ?

Réponses. 1 (r − g) / (1 + g) × d ≈ un excédent de 1 % du PIB (0,98). 2 1 / (1 − 0,75) = 4. 3 ses prix en dollars baissent : il gagne en compétitivité-prix ; ce qu’il achète en dollars coûte plus cher.

8 · Écoles de pensée et repères

Mémento — Économie

Les grandes écoles de pensée

Mercantilisme — XVIᵉ-XVIIIᵉ siècle
Montchrestien, Colbert. La richesse, ce sont les métaux précieux : excédent commercial, manufactures, protection.
Physiocrates — XVIIIᵉ siècle
Quesnay (Tableau économique, 1758), Turgot. Seule la terre crée un « produit net » ; premier circuit ; liberté du commerce.
Classiques — 1776-1870
Smith (Richesse des nations, 1776), Malthus (1798), Say (1803), Ricardo (1817), Mill (1848). Division du travail, « main invisible », valeur-travail, avantage comparatif, loi des débouchés.
Marx
Le Capital (livre I, 1867). La plus-value, travail non payé, fonde le profit ; accumulation, concentration, crises ; lutte des classes.
Marginalistes, néoclassiques — années 1870
Jevons, Menger, Walras, Marshall (Principes, 1890), Pareto. Valeur fondée sur l’utilité marginale ; équilibre général ; optimum de Pareto ; agent rationnel.
Keynes et keynésiens — 1936
Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936). La demande effective fixe production et emploi ; chômage involontaire durable ; préférence pour la liquidité ; l’État soutient la demande. Synthèse avec les néoclassiques (Hicks, Samuelson).
École autrichienne
Menger, Mises (L’Action humaine, 1949), Hayek (La Route de la servitude, 1944). Valeur subjective ; prix porteurs d’information ; critique de la planification ; cycles nés du crédit.
Monétarisme
Friedman (avec Schwartz, Histoire monétaire des États-Unis, 1963). Primauté de la monnaie ; règle monétaire plutôt que réglage fin ; chômage naturel.
Nouvelle économie classique — années 1970
Lucas, Sargent, Barro, Kydland et Prescott. Anticipations rationnelles, fondements microéconomiques, cycles réels, crédibilité des règles.
Nouveaux keynésiens — années 1980
Mankiw, Akerlof, Stiglitz, Blanchard. Rigidités de prix et de salaires expliquées ; la politique économique peut stabiliser ; base des modèles des banques centrales.
Post-keynésiens
Kalecki, Joan Robinson, Minsky. Incertitude radicale, monnaie endogène, instabilité financière, répartition des revenus.
Institutionnalistes
Veblen (1899), Commons ; puis Coase (1937), North, Williamson. Règles, coûts de transaction et droits de propriété façonnent l’économie.
Économie comportementale
Simon (rationalité limitée), Kahneman et Tversky (théorie des perspectives, 1979), Thaler et Sunstein (Nudge, 2008). Biais, aversion aux pertes ; « coups de pouce » aux décisions, dont la légitimité est débattue.

Présentation descriptive : aucune école n’est tenue ici pour vraie, et bien des économistes empruntent à plusieurs.

Trois débats, deux camps

En récession : relancer ou assainir ?
Relance : le multiplicateur est élevé quand l’activité est faible ; laisser filer le chômage abîme la croissance future. Assainissement : une dette élevée coûte cher, réduit les marges de manœuvre et peut inquiéter les prêteurs.
Règle ou discrétion ?
Règle : crédible, prévisible, à l’abri des tentations électorales. Discrétion : chaque crise est différente et demande une réponse adaptée.
Marché ou intervention ?
Marché : les prix coordonnent des millions de décisions, l’intervention crée ses propres défaillances. Intervention : externalités, biens publics, inégalités et instabilité financière appellent des règles et des politiques.

Doctrine sociale de l’Église

Une tradition de pensée morale sur la vie économique, non une école économique : elle juge les fins et les moyens à l’aune de la dignité de la personne. Principes : dignité humaine, bien commun, destination universelle des biens, subsidiarité, solidarité, priorité du travail sur le capital.

1891Rerum novarum (Léon XIII) : la condition ouvrière
1931Quadragesimo anno (Pie XI) : subsidiarité, après la crise de 1929
1991Centesimus annus (Jean-Paul II) : après la chute des régimes communistes
2004Compendium de la doctrine sociale de l’Église
2009Caritas in veritate (Benoît XVI) : développement, crise financière
2015Laudato si’ (François) : écologie intégrale

Encycliques : enseignement du magistère pontifical.

Repères chronologiques

1929krach de Wall Street (24 et 29 octobre), puis Grande Dépression
1944accords de Bretton Woods : changes fixes, FMI
1947GATT, signé à Genève le 30 octobre
197115 août : fin de la convertibilité du dollar en or
1973, 1979chocs pétroliers : stagflation
1992traité de Maastricht
1995Organisation mondiale du commerce
1999, 2002euro scriptural, puis billets et pièces
2008faillite de Lehman Brothers (15 septembre) : crise financière mondiale
2010début de la crise des dettes souveraines dans la zone euro
2020récession de la pandémie de Covid-19
2022-2023poussée d’inflation ; la BCE relève son taux de dépôt de −0,5 % à 4 %

Repères chiffrés au 30/09/2026

France (INSEE)
PIB 2025+0,8 % en volume ; 2 991,1 Md€
PIB, 2ᵉ trim. 20260,0 % sur un trimestre
Chômage BIT8,3 % au 2ᵉ trimestre 2026
Inflation (IPC)+3,0 % sur un an en sept. 2026 (provisoire)
Déficit public5,1 % du PIB en 2025
Dette publique115,7 % du PIB fin 2025 ; 119,0 % fin juin 2026
Zone euro (BCE, Eurostat)
Taux de dépôt2,50 % depuis le 16 septembre 2026
Inflation (IPCH)3,2 % sur un an en août 2026
Chômage6,4 % en juillet 2026
PIB, 2ᵉ trim. 2026+0,6 % sur un trimestre

Chiffres vite périmés et révisés : les reprendre à la source, avec leur date.

Où trouver les données

INSEEinsee.fr : comptes nationaux, prix, emploi, revenus
Banque de Francewebstat.banque-france.fr : monnaie, crédit, taux
Eurostat, BCEdonnées harmonisées de l’Union ; data.ecb.europa.eu
OCDE, FMI, FREDcomparaisons internationales ; fred.stlouisfed.org

Prix Nobel cités dans ce mémento

1991Coase : coûts de transaction, droits de propriété
1999Mundell : politiques et régimes de change, zones monétaires optimales
2002Kahneman : la psychologie dans l’analyse économique
2004Kydland et Prescott : cycles, crédibilité des politiques
2008Krugman : commerce international et géographie économique
2009Ostrom, Williamson : gouvernance économique, biens communs
2018Romer : innovation et croissance de long terme
2021Card : économie du travail empirique
2024Acemoglu, Johnson, Robinson : institutions et prospérité
2025Mokyr, Aghion, Howitt : croissance tirée par l’innovation

Nom officiel : prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel.

Lire un débat économique

  • 1 La question est-elle positive (ce qui est) ou normative (ce qui devrait être) ?
  • 2 Quelles données : source, date, champ, valeur ou volume ?
  • 3 Quelles hypothèses, quel modèle sous la conclusion ?
  • 4 Quel horizon : court terme ou long terme ?
  • 5 Qui gagne, qui perd : quels effets de répartition ?
  • 6 Quelles incertitudes : qu’est-ce qui ferait changer d’avis ?